Le décor
Un département qui joue vraiment
Le Vaucluse a une réputation musicale un peu trompeuse. On l'associe spontanément au festival d'Avignon et à l'été, comme si la musique vivante y était un phénomène de juillet, concentré sur trois semaines et deux villes. La réalité est plus intéressante : c'est un territoire à forte densité de lieux, où la scène se déplace au fil de l'année entre les cours patrimoniales, les salles municipales, les caves coopératives, les places de village et les bars du centre.
Cette dispersion est à la fois la richesse et la difficulté du département. Richesse, parce qu'un rayon de trente minutes autour de L'Isle-sur-la-Sorgue couvre Avignon, Carpentras, Cavaillon, Pernes-les-Fontaines, Le Thor, Gordes et une bonne partie du Luberon : à cette échelle, il se passe quelque chose presque tous les week-ends. Difficulté, parce que l'information n'est nulle part centralisée. Une partie des concerts ne s'annonce que sur les réseaux du lieu, parfois quelques jours avant, et disparaît de la circulation le lendemain.
D'où le réflexe que ce guide voudrait installer : distinguer ce qui se programme longtemps à l'avance de ce qui se joue chaque semaine. Un festival se prépare, se réserve, se prévoit dans un agenda. Un bar musical, lui, se consulte le jeudi pour le vendredi. Les deux répondent au mot « concert », mais pas du tout à la même question. Savoir lequel on cherche fait gagner beaucoup de soirées.
Dernier élément de contexte, souvent négligé : le Vaucluse se vit dehors une grande partie de l'année. D'avril à octobre, la musique sort sur les places et les terrasses, avec ce que cela implique de règles horaires et de cohabitation avec le voisinage. En hiver, elle rentre. Cette respiration saisonnière explique pourquoi certains lieux paraissent « morts » en février alors qu'ils programment simplement à l'intérieur, à une autre heure et pour un public plus restreint.